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Les travailleuses et travailleurs kényans veulent leur mot à dire dans la mise en œuvre des BRT

15 Mar 2019

Des travailleuses et travailleurs des syndicats des transports kényans affiliés à l’ITF ont défilé à Nairobi le 8 mars – Journée internationale des droits des femmes – pour présenter au ministère des transports un document de position sur la mise en œuvre des bus à haut niveau de service (BRT) dans leur ville.
 
Cette manifestation, organisée par le Transport Workers’ Union (TAWU), le Matatu Workers’ Union (MWU) et le Public Transport Operators Union (PUTON), avec le soutien de l’ITF, appelait le gouvernement kényan à tenir compte de points spécifiques lors de la planification du réseau BRT, par exemple une égalité hommes-femmes optimale dans tous ses aspects.
 
Elle faisait suite à la publication par l’ITF d’un rapport historique établi par le Global Labour Institute, qui analyse les conséquences de la mise en œuvre des BRT pour les travailleuses et travailleurs des transports publics.
 
Les revendications suivantes ont été présentées au secrétaire principal du Ministère kényan du logement et de l’urbanisme, M. Charles Hinga Mwaura :

  • la Nairobi Metropolitan Area Transport Authority (NAMATA) devrait collaborer avec les syndicats pour lutter contre les inégalités hommes-femmes et la discrimination à l’égard des travailleuses dans le projet BRT, notamment sur le plan de l’accès aux installations sanitaires, l’égalité salariale et la sécurité du lieu de travail
  • la priorité doit être accordée à la prise en compte de l’avis des travailleuses et travailleurs, au travers de leurs représentants syndicaux, dans la conception et la mise en œuvre des BRT
  •  les sociétés d’exploitation des BRT doivent être tenues d’embaucher en premier lieu les plus de 35 000 travailleuses et travailleurs dont les emplois sont menacés par le projet, au travers d’un processus de recrutement transparent
  • un programme de reconversion devrait être mis en place pour les travailleuses et travailleurs qui risquent de perdre leur emploi à cause du projet BRT
  • il devrait y avoir un processus de formalisation et d’amélioration du secteur des matatus (service informel de minibus privés) et l’intégrer au système BRT
  • la NAMATA devrait prévoir dans ses programmes de développement des infrastructures la rénovation des routes secondaires qui alimentent les lignes BRT en passagers

M. Hinga est venu à la rencontre des travailleuses et travailleurs lorsqu’ils se sont présentés devant son bureau, et a déclaré : « Les BRT sont une source de perspectives d’emploi pour vous toutes et tous, nous collaborerons avec vos responsables syndicaux pour que les personnels des matatus soient représentés. Vous êtes les acteurs les plus importants. »

Dan Mihadi, Secrétaire général du TAWU, a indiqué à M. Hinga : « Nous ne sommes pas opposés aux BRT, mais nous avons toujours cherché à ce que les travailleuses et travailleurs soient entendus. Nous sommes heureux qu’une grande étape ait été franchie aujourd’hui, et nous espérons que le projet continuera sur cette voie. »
 
Le projet BRT du Kenya en est à un stade avancé, et les personnels des matatus – qui en sont les principaux acteurs – ont insisté pour être associés au processus décisionnel et de planification.
 
La Secrétaire régionale adjointe de l’ITF en Afrique, Anna Karume, a déclaré : « Les transports informels constituent un pan indispensable des transports urbains. Les syndicats ont fait preuve d’unité et d’ordre en formulant leurs revendications sur des aspects aussi importants que l’égalité hommes-femmes, et nous espérons que celles-ci seront prises en compte dans la mise en œuvre des BRT. »

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