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Des mesures urgentes s’imposent pour protéger les routiers maliens après des attaques meurtrières de convois

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La Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) appelle le gouvernement du Mali à intervenir d’urgence pour protéger les chauffeurs routiers face aux attaques meurtrières qui visent les convois d’acheminement de carburant dans les principaux corridors de transport du pays.

Dans une lettre envoyée au Premier ministre malien, le Général Abdoulaye Maïga, Stephen Cotton, le Secrétaire général de l’ITF, a exprimé la pleine solidarité de l’organisation avec son affilié malien Synacor et tous les effectifs des transports routiers confrontés à l’escalade des violences.

Cette missive faisait suite à l’embuscade sanglante menée par des groupes armés le 29 janvier 2026 sur le corridor Diboli-Kayes, dans l’ouest du Mali, ayant entraîné la mort de plus de 15 chauffeurs de camions-citernes et la destruction de dizaines de véhicules. 
 

Le blocus de carburant s’intensifie... et les routiers sont pris pour cible

Depuis septembre 2025, les groupes terroristes opérant dans le Sahel ciblent de plus en plus les convois d’acheminement de carburant et les corridors routiers reliant le Mali aux pays voisins, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, dans le but d’isoler la capitale, Bamako, et d’empêcher son ravitaillement en produits de première nécessité. Selon les témoignages, les routiers ont été arrêtés puis exécutés, leurs corps laissés à côté des camions-citernes incendiés.

Le blocus a déjà entraîné de profondes conséquences économiques. Les pénuries de carburant paralysent les entreprises, tandis que l’insécurité le long des corridors commerciaux essentiels entrave les chaînes d’approvisionnement régionales. Des milliers de conteneurs sont bloqués, augurant de nouvelles hausses de prix et de nouvelles ruptures d’approvisionnement.

Dans cette lettre, l’ITF condamne les attaques : « Les meurtres ciblés de conducteurs de camions-citernes, dont le métier leur a ainsi coûté la vie, constituent des actes criminels ignobles. Dans la région du Sahel, les groupes terroristes visent délibérément les convois de carburant. Ces agissements immoraux visent les travailleurs et ont pour objectifs d’étrangler l’économie du Mali et de déstabiliser la région. »

La Fédération soutient la décision de Synacor de déclarer une grève illimitée, suspendant toutes les opérations de chargement et de déchargement à la suite des assassinats, les routiers estimant mettre leur vie en danger s’ils continuent de travailler sans protection.

 

L’ITF appelle le gouvernement malien à agir sans tarder

Dans sa lettre, l’ITF formule des revendications pressantes au gouvernement malien, mettant les autorités face à leurs responsabilités de garantir la sécurité des travailleuses et travailleurs :
 

  1. Rapatriement immédiat des victimes : l’ITF et Synacor exigent le rapatriement immédiat des dépouilles de tous les routiers tués lors de l’attaque du 29 janvier et des incidents précédents.
  2. Garanties de sécurité renforcées : l’ITF demande au gouvernement malien d’assurer une protection armée réelle, efficace et permanente des convois.
  3. Fin du blocus : l’ITF exhorte le gouvernement malien à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin au blocus, qui perturbe et paralyse les services publics.
     

Les effectifs des transports au cœur de la crise du Sahel

Cette montée des violences est le reflet d’une crise sécuritaire régionale plus vaste dans l’ensemble du Sahel, où les groupes armés visent de plus en plus les infrastructures et les chaînes d’approvisionnement et mettent ainsi directement en danger les effectifs des transports.

Lors du 46e Congrès de l’ITF à Marrakech, les délégué(e)s ont d’ailleurs reconnu ces risques en adoptant la Résolution A05 : Crise dans les pays du Sahel, qui dénonce l’insécurité et la violence armée régnant dans la région, lesquelles menacent la vie des effectifs, perturbent la circulation des biens et des personnes, et sapent la stabilité économique. La Résolution engage l’ITF à plaider pour la protection des travailleuses et travailleurs des transports et des civils, à défendre la libre circulation des biens de première nécessité et à mobiliser la solidarité internationale en réponse à l’escalade des violences.

Crédit photo : REUTERS

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