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En Afrique, des syndicats se préparent face au système BRT

07 Oct 2016
Des syndicats affiliés à l’ITF sur le continent africain ont commencé à réfléchir aux mesures à prendre face aux risques et aux opportunités que posent le système BRT, aussi nommé bus à haut niveau de services pour les travailleurs.

Le système BRT se répand rapidement sur tout le continent, car les autorités considèrent qu’il est peu coûteux pour remplacer le métro léger, et représente un moyen de transport en commun accessible physiquement et financièrement. Ce système bénéficie de ses propres voies de circulation et d’autres améliorations dans la technique et l’organisation pour améliorer les réseaux de transport urbains existants. Le programme prioritaire de l’ITF « Nos transports publics » prévoit d’élaborer des stratégies syndicales dans des villes cibles où le BRT est prévu ou déjà opérationnel.

Lors de l’atelier qui s’est tenu à Addis Abeba les 26 et 27 septembre, le South African Transport and Allied Workers Union (SATAWU) a expliqué avoir négocié des emplois dans les BRT pour les chauffeurs de taxis-minibus touchés par l’introduction du système. Au Nigeria, le National Union of Road Transport Workers (NURTW) a participé aux négociations ayant permis la constitution d’une coopérative de propriétaires de taxi qui exploite les lignes des BRT. En revanche en Tanzanie, l’introduction des BRT a entraîné la perte d’emploi des chauffeurs de dala dala (minibus) et de taxis-motos, et les conditions n’ont fait qu’empirer pour les travailleurs du secteur informel des transports restants.

Les quinze participants, issus de six pays différents, ont estimé que pour que les BRT soient bénéfiques pour les travailleurs, les syndicats devaient :

  • Etre informés très en amont sur les BRT dans leurs pays respectifs
  • Exiger d’être impliqués dans le processus de planification ou de consultation, et influencer les principaux décideurs
  • Appeler à une transition entre l’emploi informel et formel, par exemple sous la forme d’un dédommagement aux travailleurs informels des transports touchés par les suppressions progressives obligatoires.
  • Préparer des campagnes de syndicalisation pouvant être utilisées dès que les BRT sont opérationnels 
  • Proposer d’autres solutions que les BRT.

Selon la responsable du programme Nos transports publics à l’ITF, Alana Dave : « Nous aiderons nos camarades en Afrique à constituer une puissance syndicale en réponse aux BRT. Nous travaillerons dans une ville cible, en y élaborant une stratégie très en amont. Tous les syndicats participant à l’atelier participeront à cet effort en renforçant la solidarité et en échangeant connaissances et expériences. Les gouvernements s’informent mutuellement, et beaucoup se sont rendus à Bogota, en Colombie, pour y voir le réseau BRT. Les affiliés de l’ITF peuvent également s’informer mutuellement sur les modes d’intervention efficaces et les autres options possibles à élaborer. »

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