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Les marins australiens : cette année encore, les grands oubliés des célébrations de la Journée maritime mondiale

30 Jul 2019
Communiqué de presse
Le bureau australien de réglementation de la sécurité maritime soulève la controverse en excluant les représentants des travailleurs.

L’autorité australienne de sécurité maritime (Australian Maritime Safety Authority, AMSA) a été accusée de céder à des visées idéologiques et politiques après avoir exclu des représentants des travailleurs d’un forum visant à accroître le nombre de femmes travaillant dans les industries maritimes.

L’événement, qui a eu lieu hier à l’Australian National Maritime Museum de Darling Harbour, a accueilli le Secrétaire général de l’Organisation maritime internationale (OMI), M. Kitack Lim, en qualité d’orateur principal, aux côtés d’autres intervenants représentant des employeurs ainsi que de hauts fonctionnaires – mais aucune contribution émanant des représentants des travailleurs.

La Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) a dénoncé l’approche de l’AMSA comme allant totalement à l’encontre des efforts mondiaux destinés à accroître la participation des femmes dans le secteur maritime, qui reposent sur un modèle tripartite réunissant les travailleurs, les employeurs et le gouvernement.

Pour la Coordinatrice maritime de l’ITF Jacqueline Smith, ancienne présidente du syndicat des gens de mer norvégiens, l’action de l’AMSA s’inscrit totalement en porte-à-faux des efforts internationaux déployés pour augmenter le nombre de femmes travaillant dans les industries maritimes.

« Plus tôt cette année, des représentants des gouvernements, des employeurs et des syndicats de plus de 40 pays étaient réunis à Genève afin définir un plan destiné à venir à bout des obstacles entravant le recrutement et le maintien en poste de femmes marins, » a déclaré Mme Smith.

« Le monde entier s’accorde à reconnaître le rôle fondamental de la coopération tripartite afin de permettre l’aboutissement de ce changement important dans l’industrie maritime.

« Plutôt que d’appuyer ces efforts productifs, l’autorité australienne de sécurité maritime semble défendre une position contreproductive et profondément idéologique, excluant délibérément les représentants des gens de mer.

« On estime qu’à peine 2 pour cent des gens de mer sont des femmes, mais aucun changement ne pourra intervenir sans la participation active et l’implication des membres de cette profession.

« Il est absolument impensable qu’un événement destiné à attirer davantage de femmes dans les professions maritimes puisse avoir lieu sans l’organisation qui les représente. »

Le Président de l’ITF Paddy Crumlin a déclaré que l’OMI se soucierait elle aussi de la question une fois qu’elle aurait découvert que les représentants des travailleurs ont été exclus de l’événement.

« Aucune organisation ne défend une intensification des efforts de recrutement, de maintien en poste et de promotion des femmes dans les professions maritimes avec plus de ferveur que le mouvement syndical international, et pourtant, l’AMSA semble davantage chercher à s’attirer les faveurs politiques de Canberra que d’instaurer effectivement des changements dans l’industrie, » a déclaré M. Crumlin.

« Il s’agit ici d’un acte profondément politique de la part d’un organisme de réglementation censé agir en toute indépendance, et qui soutient pourtant les visées antisyndicales du gouvernement de coalition.

« Si nous avons été exclus de cet événement, c’est peut-être parce que l’AMSA s’attendait à ce que l’on mette en avant la méthode la plus efficace pour rallier un nombre accru de femmes dans l’industrie maritime en Australie : qui n’est autre que d’amener le gouvernement fédéral à cesser d’accorder des autorisations temporaires à des navires étrangers sous pavillon de complaisance, car ceux-ci prennent le travail de nos marins australiens.

« Le fait d’accorder ainsi la priorité à des objectifs politiques et idéologiques en reléguant au second plan les bonnes pratiques internationales et les principes internationaux de bonne gouvernance plonge le Secrétaire général de l’OMI dans l’embarras, qui, à notre avis, avait également souhaité qu’un représentant des travailleurs intervienne lors de l’événement.

« La décision de ne pas donner à tous les partenaires sociaux les mêmes chances de participer va à l’encontre de toutes les conventions de l’OMI et perpétue la tendance de longue date de l’AMSA à négliger la consultation tripartite, sous le gouvernement de coalition – une tendance qui amène d’ailleurs à s’interroger depuis des années sur l’indépendance de cet organisme.
 

CONTACT : Luke Menzies, ITF | +61 (0) 433 889 844 | menzies_luke@itf.org.uk

 

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