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Des progrès décisifs sur le financement des pertes et préjudices, mais des tentatives visant à marginaliser les normes du travail

Actualités Communiqué de presse

La COP27, le sommet mondial sur le climat, s’est conclue le 20 novembre par une avancée décisive concernant la demande des pays du Sud qui réclament depuis des décennies un fonds de réparation des pertes et préjudices liés au climat.

Dans sa déclaration de clôture, s’exprimant au nom de la sphère syndicale, la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) a salué cette avancée, ainsi que la reconnaissance de la protection sociale et du dialogue social. Cependant, elle a dénoncé la volte-face concernant les engagements envers les travailleurs dans le cadre de la politique climatique.

Un nouveau fonds pour les pertes et préjudices

La COP27 a conclu un accord historique sur la question des pertes et préjudices, donnant enfin suite à une demande de longue date des pays du Sud. Il est important de noter qu’un fonds dédié sera désormais créé, qui devra s’accompagner de nouveaux engagements financiers et ne pas se contenter de réaffecter les contributions déjà annoncées.

« Le financement des pertes et préjudices est une question fondamentale pour la justice sociale mondiale, et c’est une question qui concerne les travailleurs. Il s’agit d’une première étape importante, » a déclaré Stephen Cotton, Secrétaire général de l’ITF. « Le monde en développement paie un prix épouvantable pour une crise climatique dont les responsables sont les pays riches. Et les travailleurs des transports sont en première ligne, meurent en service, perdent leurs moyens de subsistance et voient leurs conditions de travail mises à mal. »

Au cours des deux dernières semaines, le Pakistan a pris la tête des efforts déployés dans le cadre des négociations visant à traduire les paroles en actes et convenir d’un mécanisme de financement. Les inondations dévastatrices qu’a connues le Pakistan ont été un rappel brutal de la nécessité urgente de prendre des mesures concernant les pertes et préjudices. Plus de 1 700 personnes ont perdu la vie et 9 millions pourraient s’enfoncer dans la pauvreté. Les inondations catastrophiques ont causé plus de 30 milliards de dollars de dégâts et de pertes économiques dans le pays, détruisant notamment 40 % de son réseau ferroviaire.

L’accord ne fournit aucun détail sur le montant de la contribution, ni sur la manière dont les fonds seront alloués. Les 12 prochains mois seront décisifs pour tenir la promesse initiale.

Un résultat mitigé pour les travailleurs et travailleuses des transports

Pour ce qui concerne les travailleurs, la COP27 s’est traduite par des résultats mitigés. Il importe de noter que, pour la première fois, le dialogue social et la protection sociale sont pris en compte. Toutefois, ces progrès ont été hypothéqués par la dilution des engagements envers les travailleurs et l’exclusion croissante de ces derniers.

À maintes reprises, il n’a pas été fait mention des normes du travail et des droits des travailleurs dans les décisions finales, notamment des décisions cruciales portant sur l’atténuation, l’adaptation, le financement climatique, les pertes et préjudices et les marchés du carbone.

« Les négociations sur l’objectif de financement du climat – le Nouvel objectif chiffré collectif pour le financement de l’action climatique – ont mis en évidence la marginalisation des droits des travailleurs, » a déclaré Cotton. « Prévu pour entrer en vigueur en 2025, le Nouvel objectif fixera le niveau et la forme que prendra le futur financement climatique, déterminant ainsi l’avenir de l’action climatique. Il est essentiel qu’une transition juste de la main-d’œuvre, conformément à l’Accord de Paris, figure dans ce processus afin que les besoins des travailleurs, et plus largement les besoins des pays du Sud, soient pleinement pris en compte. »

John Mark Mwanika, Président du Comité des transports urbains de l’ITF et Coprésident du Groupe de travail de l’ITF Transports durables, a déclaré : « Le fait que la transition juste ait été supprimée du texte final sur le nouvel objectif financier est extrêmement préoccupant. Il faut tirer les leçons des échecs passés. L’identification des besoins réels de financement et des mécanismes efficaces ne sera possible que si les travailleurs et les syndicats sont appelés à jouer un rôle structurel. »

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