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Les travailleurs des transports exigent la relance de l’action climatique par les gouvernements après la COP26

23 Nov 2021

La COP26 aura permis de prendre clairement conscience d’une chose : face à l’échec de la Conférence sur le climat à Glasgow, la lutte pour la justice climatique engagée par les syndicats au niveau mondial est plus importante que jamais.

La COP26 avait principalement vocation à définir un plan crédible en vue de maintenir l’augmentation de la température mondiale à 1,5 °C. Approuvé par l’ensemble des parties, le Pacte de Glasgow pour le climat reconnaît l’ampleur de la crise mais manque de mesures concrètes aux fins d’y remédier, ce qui nous laisse sur la voie d’un réchauffement de l’ordre de 2,4 °C d’ici 2050, et avec lui des conséquences dévastatrices pour l’humanité et la planète.

Déficit de financement
À Glasgow, l’un des échecs les plus cuisants aura été le soutien financier à l’endroit des pays du Sud, en particulier en ce qui concerne l’adaptation, l’atténuation et les pertes et dommages. En 2009, les pays du Nord s’étaient engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an à des fins d’adaptation (par ex. en vue de la construction d’infrastructures telles que des digues de protection contre les effets négatifs du changement climatique) et d’atténuation (comme les infrastructures d’énergie renouvelable). Toutefois, cet objectif annuel de financement n’a pas été atteint une seule fois.

À la COP26, une nouvelle demande a émané des pays du Sud, à savoir le financement des pertes et dommages subis par les pays déjà confrontés aux effets désastreux du changement climatique. Pourtant, le Pacte de Glasgow pour le climat n’a pas su tenir d’engagements concrets.

À son retour de Glasgow, le Secrétaire général de l’ITF, Stephen Cotton, a déclaré : « Le déficit de financement est l’un des manquements les plus graves de la COP26. Les pays du Sud se voient privés des fonds nécessaires pour protéger de toute urgence leurs citoyens aujourd’hui, ainsi que pour préserver les générations futures ».

L’investissement dans les infrastructures de transport est l’un des domaines les plus importants, à la fois en termes de construction des infrastructures de transport public nécessaires à la réduction des émissions à long terme, et de réparation des sites portuaires et des chemins de fer mis à mal en raison des conditions météorologiques extrêmes.

« Les gouvernements doivent transformer les vagues promesses du Pacte de Glasgow en mesures concrètes. Si les gouvernements échouent, c’est la vie et la mort de millions de personnes que nous mettons en jeu et nous ne pouvons permettre que le fardeau du changement climatique retombe sur les épaules des citoyens des pays les plus pauvres, » a déclaré Cotton.

Coup de projecteur sur le transport
Le transport est responsable de 25 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre. Les secteurs du transport qui dépendent des combustibles fossiles représentent un défi majeur aujourd’hui, mais le transport zéro carbone de demain peut faire partie de la solution.

« À Glasgow, certains gouvernements et employeurs des transports ont montré une conscience plus aiguë de l’urgence de la situation, et nous devons mettre à profit cette dynamique pour amorcer sérieusement la décarbonisation des transports, » a indiqué Cotton.

À Glasgow, l’ITF a annoncé la création de la Task force pour une transition juste dans le transport maritime en partenariat avec la Chambre internationale de la marine marchande (CIMM), le Pacte mondial des Nations Unies, l’Organisation internationale du Travail (OIT) et l’Organisation maritime internationale (OMI).

« La constitution de ce groupe de travail montre à l’ensemble des secteurs du transport comment aborder la transition juste, » a déclaré Cotton. « La Task force veillera à la pleine implication des gens de mer sur les questions clés concernant les emplois et les compétences, alors que l’industrie amorce la plus grande transformation de son histoire. Il est absolument déterminant que les travailleurs aient voix au chapitre. »

Aux côtés de son partenaire de campagne, C40 Cities, l’ITF a appelé les gouvernements de la planète à doubler la proportion des trajets empruntant les transports publics d’ici 2030 et à promouvoir une juste transition vers des transports publics zéro émission.

La campagne conjointe L’avenir est aux transports publics, les maires, les travailleurs, les syndicats, les autorités des transports, les organismes de réglementation et les partenaires de la société civile ont averti les dirigeants mondiaux : « le temps commence à manquer » pour réaliser les investissements critiques en faveur des transports publics, qui permettront aux nations et à la planète de respecter les objectifs d’émission plafonnés à 1,5 °C. 

John Mark Mwanika, Président du Comité des transports urbains de l’ITF, a déclaré : « Nous ne pouvons nous permettre d’oublier le rôle essentiel que les transports publics doivent et peuvent jouer en faveur de la réalisation des objectifs climatiques. Pour améliorer l’accès à des transports publics de qualité, et leur disponibilité, il faut une transition juste et équitable. Et pour y parvenir, et créer des dizaines de millions d’emplois décents aux quatre coins du globe, il faut une action conjointe de la part de tous les niveaux de gouvernement en vue de dégager des fonds publics au cours de la prochaine décennie. »

Mais la COP26 a révélé une approche globale inégale en matière de transports. La présidence britannique de la COP a mis l’accent sur les véhicules électriques, sans accorder la priorité au transfert modal vers les transports publics sur route et rail, qui est pourtant nécessaire. La déclaration relative à l’aviation fait un pas important en avant, reconnaissant que l’aviation doit s’aligner sur l’objectif de Paris de 1,5 °C, mais ce secteur doit de toute urgence intégrer les travailleurs dans la discussion.

« Les travailleurs des transports doivent être au cœur de la lutte pour la justice climatique et pour une juste transition de nos secteurs. Le moment est venu de se mobiliser pour un horizon plus vert dans le transport maritime, pour des chemins de fer sûrs et durables, pour que l’avenir soit aux transports publics et pour que le transport zéro carbone ouvre une perspective pour les travailleurs des transports, » a déclaré Cotton.

Nous devons mettre l’accent sur la transition juste dans les plans actualisés en faveur du climat
L’un des résultats les plus importants de la COP26 réside dans l’obligation, pour chaque pays, de soumettre des plans d’action climatique nationaux actualisés, que l’on nomme contributions déterminées au niveau national ou CDN, d’ici 2022. Ces plans révisés doivent inclure des objectifs précis de réduction des émissions de 45 % à l’horizon 2030.

Le Pacte de Glasgow pour le climat affirme également que tous les pays doivent prendre des engagements explicites en faveur d’une transition juste dans le cadre de leurs plans à long terme. Des progrès supplémentaires doivent néanmoins être réalisés afin de garantir que l’action climatique s’accompagne d’une juste transition pour les travailleurs.

Au cours de la conférence, plus de 147 syndicats de l’ITF de 36 pays ont soutenu cet appel et ont exhorté leurs gouvernements à mettre en œuvre de solides mesures de transition juste en faveur des transports dans leurs CDN.

« Les syndicats des transports ont mis leur gouvernement en garde. La transition ne peut se faire sans accorder un rôle actif aux travailleurs. Les travailleurs doivent avoir voix au chapitre. Nous attendons des engagements concrets à la fois sur la question de la transition juste et en faveur de plans de décarbonisation crédibles pour chaque secteur du transport, avec des engagements spécifiques en faveur des femmes et des jeunes trav