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Les dockers canadiens rendent hommage au second officier du Maersk Patras décédé il y a un an

27 May 2020
Gens de mer et dockers unis dans la solidarité.

Cette semaine, cela fera un an que Ravindu Telge, second officier du Maersk Patras, a basculé par-dessus bord alors qu’il effectuait du travail d’arrimage sur le Saint-Laurent dans la province canadienne du Québec.

L’arrimage et le désarrimage de conteneurs à bord de navires en mouvement sont des pratiques extrêmement dangereuses condamnées par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et l’ITF, qui ont d’ailleurs demandé à plusieurs reprises au Port de Montréal et à Transport Canada de les interdire.

Le jour où il a trouvé la mort, notre camarade Telge avait effectué son tour de garde habituelle, de minuit à quatre heures. Quelques heures plus tard, dans la même matinée, il a été appelé pour du désarrimage sur le pont. En effet, les opérateurs de terminaux du Port de Montréal exigent que les conteneurs soient détachés et les twist-locks déverrouillés avant l’entrée dans le port, pour économiser du temps et de l’argent à celui-ci. Les gens de mer, dont la véritable fonction consiste à entretenir le navire et à assurer la navigation, sont obligés d’effectuer en plus du travail d’arrimage. Sans cet accident, notre camarade Telge aurait ensuite repris son tour de garde normal à midi. Mais à neuf heures, il est tombé à l’eau alors qu’il manipulait une barre d’arrimage de 4 mètres.

L’ITF attend les premières conclusions de Transport Canada. Il est déplorable que le Bureau de la sécurité des transports du Canada, qui enquête sur les accidents maritimes, refuse d’exercer ses compétences, préférant déléguer sa responsabilité à Singapour, l’État du pavillon du porte-conteneurs.

Triste ironie du sort, le Maersk Patras faisait justement escale à Montréal lors du premier anniversaire de la mort de notre camarade Telge. Aujourd’hui, des représentants des dockers de la section locale 375 du SCFP, accompagnés de l’inspecteur de l’ITF Vince Giannopoulos, sont montés à bord pour annoncer au capitaine que les dockers souhaitaient rendre hommage à leur camarade disparu et offrir des présents à l’équipage. Le capitaine et l’équipage ont rejoint les dockers sur le quai pour une courte cérémonie.

Sylvain Charron, Vice-Président de la section locale 375 du SCPF, a déclaré que les pensées de ses membres allaient vers la famille de Telge.

« Nous défendons depuis toujours les droits des gens de mer. Leur travail est déjà suffisamment éprouvant. En hiver, les températures peuvent descendre jusqu’à -30 degrés Celsius. L’arrimage est un travail dangereux. Nous le savons. Nous pensons qu’il n’est pas juste que notre camarade Telge ait perdu la vie en effectuant un travail qui n’était pas le sien. Nous voulons que ses proches soient respectés et nous espérons qu’ils pourront trouver la paix. »

Notre camarade Telge avait 31 ans quand il s’est tué, et aurait fêté son 32e anniversaire il y a deux jours, le 17 mai. Il n’aura jamais 32 ans. Nous ne pouvons qu’imaginer la peine que doit ressentir sa famille au Sri Lanka. »

Sylvain Charron a ajouté : « J’espère que sa famille sait que la section locale 375 du SCPF ne l’oubliera jamais – et que nous continuerons de nous battre pour la sécurité des équipages des navires en escale dans notre port. »

Le Coordinateur de l’ITF au Canada, Peter Lahay, a déclaré : « Nous nous sommes renseignés. Nous savons que la pression exercée sur les équipages pour qu’ils se chargent de travaux d’arrimage vise à faire économiser quelques dollars aux employeurs. »

« Nous l’avons bien fait comprendre au Port de Montréal et à Transport Canada. Mais cela leur est bien égal que les gens de mer fassent ce travail dangereux. En fait, ils sont complices de ces pratiques cruelles et dangereuses. Notre camarade Telge était un jeune marin qui a perdu la vie pour rien. Il n’avait pas le choix. C’est comme ça, à bord des navires : vous faites ce qu’on vous demande, sinon vous rentrez chez vous. »

« Les gens de mer sont une main-d’œuvre corvéable à merci à qui l’on confie du travail dangereux comme l’arrimage. Les opérateurs qui profitent d’eux de la sorte font preuve d’une impitoyable cruauté. Ces pratiques doivent cesser. »

N’oubliez pas les morts, mais surtout, battez-vous pour les vivants.

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