Passer au contenu principal

Le nouvel inspecteur norvégien de l’ITF obtient le rapatriement d’un équipage et le versement des salaires volés

16 Oct 2020
MV Diavlos Force à quai en Norvège | Source : ITF

En août, le remorqueur ‘Diavlos Force’, battant pavillon panaméen, a quitté le Pirée, en Grèce, pour un contrat de transport d’une coque sortant d’un chantier naval roumain de la mer Noire, à destination de la Norvège. Alors que le navire naviguait vers ce pays, les proches des membres d’équipage ont averti le Corps d’inspecteurs de l’ITF en Norvège que les marins n’étaient pas payés aux conditions convenues.

Le nouvel inspecteur de l’ITF basé à Bergen, Syver Grepstad, a alors pris les choses en main.

« Pour en savoir plus sur la situation à bord, nous sommes entrés en communication directement avec les membres d’équipage, originaires de Grèce, de Russie, des Philippines, d’Inde et d’Indonésie », a-t-il expliqué.

« Nous avons appris que le navire arriverait en Norvège début septembre, sans que l’équipage ait touché le moindre centime en 6 mois. Certains marins se trouvaient à bord depuis juin 2019, soit près de 15 mois. »

Les inspecteurs en charge de ce dossier ont alerté l’Autorité maritime norvégienne (contrôle par l’État du port) pour grave violation de la Convention du travail maritime (MLC). À son arrivée en Norvège, le navire était attendu de pied ferme par les représentants de l’ITF et ceux de l’Autorité maritime. Le Contrôle par l’État du port a immobilisé le Diavlos Force pour non-versement des salaires (238 036 USD).

Le MV Diavlos Force était attendu de pied ferme par les Inspecteurs de l’ITF en Norvège | Source : ITF
L’Autorité maritime norvégienne monte à bord du MV Diavlos Force | Source : ITF

 

Les semaines suivantes ont été mouvementées pour les inspecteurs. Le navire a été immobilisé au nom de l’équipage, dans l’éventualité où le versement des arriérés salariaux devrait être financé par sa restitution ou sa vente. Par ailleurs, les Inspecteurs mettaient tout en œuvre pour que les membres d’équipage soient payés et rapatriés dans leurs pays respectifs.

L’armateur grec a informé les marins qu’ils pourraient rentrer chez eux s’ils renonçaient à leurs revendications salariales, proposition qu’il leur a été conseillé de refuser. Même si l’armateur se disait désireux de payer l’équipage, l’argent du récent contrat portant sur le trajet entre la Roumanie et la Norvège, n’était jamais parvenu à l’équipage.

« La situation à bord se dégradait de jour en jour », a expliqué Grepstad, « car le navire commençait à manquer de carburant et de provisions ».

 

Un inspecteur de l’ITF vérifie les documents du navire à bord | Source : ITF

Une fois de plus, l’armateur a promis de remédier à la situation, mais là encore, rien n’a bougé.

C’est ainsi que le Diavlos Force a été abandonné par son armateur, avec 6 mois d’arriérés salariaux, un réservoir vide et aucun plan de rapatriement. L’ITF a contacté le P&I Club responsable de l’assurance du navire, et a pu trouver une solution.

Moins de quatre semaines après leur arrivée en Norvège, les membres d’équipage ont enfin pu rentrer chez eux. Dans le même temps, ils ont récupéré quatre mois d’arriérés salariaux (139 475 USD), versés sur leurs comptes bancaires.

En Norvège, Syver Grepstad explique que les inspecteurs continueront d’essayer d’obtenir la valeur du navire.

« Si l’armateur n’est pas en mesure de verser le reste des arriérés, le navire sera vendu et l’équipage peut s’attendre à recevoir un complément. Nous continuerons de nous battre pour eux. », a-t-il assuré.

 

Les membres d’équipage du MV Diavlos Force posent pour une photo de groupe, juste avant de rentrer chez eux | Source : ITF

 

Les marins du MV Diavlos Force chargent leurs bagages dans la camionnette, prêts à rentrer chez eux grâce à l’ITF | Source : ITF