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Son incapacité à protéger les pêcheurs de l’exploitation place l’Irlande sur la liste de surveillance

03 Jul 2020
Communiqué de presse

La République d’Irlande a été placée sur la « Liste de surveillance de niveau 2 » par le Département d’État des États-Unis dans son rapport annuel sur la Traite des personnes, compte tenu de son incapacité à protéger des travailleurs vulnérables, notamment dans la pêche et l’industrie du sexe.

Dans la récente édition 2020 de ce rapport, le Département d’État indique que l’année dernière, l’incapacité du gouvernement irlandais à traduire les trafiquants en justice a « affaibli la dissuasion, ce qui contribue à l’impunité des trafiquants, et sape les efforts menés pour encourager les victimes à témoigner. »

Déjà rétrogradée du Niveau 1 au Niveau 2 en 2018, les tentatives de l’Irlande de juguler l’exploitation et la traite des êtres humains ne s’améliorent pas, au vu de son inefficacité systémique en la matière.

L’Irlande est maintenant reléguée à la Liste de surveillance de niveau 2, aux côtés d’autres pays où le Département d’État constate une traite importante ou croissante, sans réaction adéquate du gouvernement. L’Irlande est actuellement le seul pays d’Europe occidentale à figurer sur la Liste de surveillance de niveau 2.

Ken Fleming, Coordinateur de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) pour l’Irlande et la Grande-Bretagne, a déclaré que même si des lacunes avaient été notifiées ces 12 derniers mois au gouvernement irlandais par l’ITF et d’autres ONG en matière d’identification des victimes, d’orientation et d’assistance, le gouvernement a malgré tout échoué à protéger les pêcheurs et d’autres travailleurs vulnérables de la traite et de l’exploitation.

« Le gouvernement irlandais et les politiques de tous bords qui le gèrent devraient avoir honte de leur négligence et de la mauvaise image qu’ils donnent de l’Irlande. La relégation sur la Liste de surveillance de niveau 2 du Département d’État, après un premier glissement de la Catégorie 1 il y a deux ans, montre qu’ils se soucient bien peu que la traite et l’exploitation soient endémiques dans ce pays. Nous parlons ici d’êtres humains, de personnes bien réelles – des hommes, des femmes, des enfants » a déclaré Fleming.

« Nous nous inquiétons à la fois de la qualité des contrôles et de la mise en application. Le nombre de victimes présumées identifiées par l’État chute depuis quelques années, de 64 en 2018 et 57 en 2019, à 42 cette année. »

« Quand le gouvernement se soucie d’identifier des victimes, ce n’est que grâce à l’ITF que celles-ci reçoivent des dédommagements financiers. L’année dernière, nous avons récupéré 137 000 EUR (153 930 USD) de salaires impayés pour huit victimes de la traite, auprès de la Commission irlandaise des relations du travail. »

« Le gouvernement irlandais a permis à des pans entiers de l’économie de développer un modèle à bas salaires ne pouvant fonctionner qu’avec une main-d’œuvre vulnérable venue d’Asie et d’Afrique. Par sa passivité, l’État permet à des employeurs peu scrupuleux de considérer ces travailleurs comme corvéables à merci, pouvant être licenciés du jour au lendemain en toute impunité car l’État n’est pas capable ou désireux de faire respecter la loi. »

« Pour ne pas ternir plus encore son image à l’étranger, l’Irlande doit collaborer immédiatement avec les syndicats pour renforcer ses mécanismes de contrôle et d’application, face à la tragédie humaine qui se déroule juste devant ses yeux » a conclu Fleming.

Contact médias : media@itf.org.uk

Remarque : Ken Fleming est disponible pour des interviews médias.

Crédit photo : Louis Vest 2012, adaptation de Creative Commons (CC BY-NC 2.0)

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