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Piraterie dans le golfe de Guinée : l’IBF appelle à l’action

24 Aug 2020

Déclaration du Comité sur les zones d’opérations de guerre (WOAC) du Forum international de négociation (IBF)

L’histoire de la piraterie dans le golfe de Guinée remonte à des décennies, mais c’est seulement depuis quelques années que ce modèle criminel a gagné en sophistication et en violence. Le nombre croissant d’attaques et d’enlèvements réussis dans la région préoccupe vivement la communauté maritime internationale. Un récent rapport du Bureau maritime international (BMI) de la CCI indique que, depuis janvier 2020, 77 marins ont été victimes d‘enlèvements ou de prises d’otages contre rançon. Le BMI rapporte en outre que le golfe de Guinée, qui baigne l’Afrique de l’Ouest, constitue un danger croissant pour la navigation commerciale et représente environ 90 % des enlèvements en mer dans le monde.

Le 11 août 2020, le Groupe de négociation mixte (JNG), représentant les employeurs maritimes, et la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), représentant les syndicats de gens de mer, ont tenu une réunion virtuelle du Comité sur les zones d’opérations de guerre (WOAC) du Forum international de négociation (IBF) pour s’entretenir de l’augmentation des attaques violentes ciblant les navires et leurs équipages en 2020. La vaste majorité des attaques ou tentatives d’attaques se sont produites bien au-delà des 12 milles marins au large des côtes nigérianes est et ouest, puisque les distances concernées étaient comprises entre 20 et 200 milles marins.

La sécurité et la sûreté des gens de mer sont des priorités absolues et, en tant que partenaires sociaux maritimes responsables, le JNG et l’ITF surveillent régulièrement les zones à haut risque (ZHR) potentielles et en discutent. Le WOAC de l’IBF a convenu que la situation dans le golfe de Guinée était très préoccupante et qu’il était nécessaire d’obtenir des informations complémentaires sur les endroits où les attaques et tentatives d’attaques se sont produites depuis janvier 2020, en vue de discuter ensuite de modifications éventuelles de la désignation IBF actuelle, à la lumière de ces informations. 

Lors d’une Conférence mondiale sur la sécurité maritime tenue au Nigeria en octobre 2019, le président nigérian a souligné que la sécurité et la protection du transport maritime étaient essentielles au développement d’échanges commerciaux fluides et d’une intégration économique efficace. La conférence a également adopté une déclaration demandant aux pays de la région d’affecter des ressources financières et logistiques supplémentaires au renforcement des marines et gardes côtières nationales qui luttent actuellement contre la criminalité en mer.

Le JNG et l’ITF soutiennent résolument la déclaration et exhortent les États côtiers à s’engager à accroître leur coopération et leur collaboration en vue de résoudre cette situation grave, qui ne doit pas perdurer car elle est préjudiciable à l’ensemble du secteur maritime et aux États côtiers eux-mêmes.

Durant la réunion du WOAC de l’IBF, l’ITF a également demandé au Comité de réfléchir à des mesures pour lutter contre le risque croissant émanant de l’effondrement d’un système durable de relève des équipages à travers le monde, du fait des restrictions générales imposées par les gouvernements face au Covid-19. En particulier, l’ITF estime que les ports des pays dont les gouvernements refusent aux gens de mer l’exercice de leur droit de cesser de travailler et de quitter le navire devraient être désignés zones à haut risque (ZHR), car une situation où des équipages épuisés mentalement et physiquement sont forcés à travailler pendant plus de 11 mois menace la vie des marins, ainsi que l’environnement.

Le WOAC de l’IBF a convenu que l’absence d’un système efficace de relève des équipages à travers le monde constitue un risque, et accepté par ailleurs d’examiner la demande et ses implications potentielles. Les membres ITF du WOAC de l’IBF ont maintenu la position de la fédération et déclaré que l’ITF, ses syndicats affiliés et son corps d’inspecteurs continueront d’aider les gens de mer dont les contrats sont terminés et qui veulent rentrer chez eux.