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L’OCDE à la croisée des chemins

01 Mar 2021
Déclaration conjointe des Syndicats mondiaux (Global Unions)

Le choix imminent du nouveau Secrétaire général de l’OCDE sera décisif pour l’orientation future de la gouvernance économique mondiale : s’acheminera-t-on vers plus d’inclusivité, ou vers plus d’inégalité, de colère et de désespoir ?

Les Syndicats mondiaux saluent le travail accompli par la direction actuelle de l’OCDE au cours de la dernière décennie pour ses pays membres. L’inégalité a été reconnue et déclarée risque mondial, l’urgence climatique s’est hissée en tête des priorités avec l’appui d’une Transition juste, et la conduite responsable des entreprises a été promue par un guide sur le devoir de diligence, un système de gestion des plaintes pour violations des droits humains et du travail, et des règles fiscales équitables, assorties d’une lutte contre les paradis fiscaux et d’un taux de base pour l’impôt des sociétés, indispensable à un avenir plus juste.

Bon nombre d’autres domaines politiques ont également réclamé une gestion avisée, avec des investissements dans l’emploi, la transition numérique et le respect des données privées, l’éducation et les compétences, l’égalité hommes-femmes, la coopération au développement, les salaires et une protection sociale universelle, ainsi que l’obligation de devoir de diligence.

Le choix du Secrétaire général devra se concrétiser par des avancées urgentes sur ces points et sur des réformes économiques, sociales et environnementales vitales à la construction d’un avenir meilleur fondé sur une croissance inclusive. Un retour à l’orthodoxie mondiale de la croissance à tout prix serait extrêmement dommageable.

Le CV des aspirants secrétaires-généraux est la meilleure des bases pour poser ce choix vital en toute connaissance de cause.

Sur les quatre candidats en lice, trois ont occupé des fonctions ministérielles de haut niveau : Mathias Cormann, Anna Diamantopoulou et Cecilia Malmström, à l’instar des précédents secrétaires généraux de ces 25 dernières années. Le quatrième candidat, Philipp Hildebrand, a quant à lui présidé une banque centrale et travaillé pour la société de gestion d’actifs BlackRock.

Parmi les trois anciens ministres, Mathias Cormann a fait partie d’un gouvernement qui s’est opposé à des mesures en faveur du climat, a perpétué l’offensive sur les salaires, les droits des travailleurs et la protection sociale, a instauré une fiscalité régressive au profit des classes aisées et des entreprises, et a réduit comme jamais les investissements dans la recherche et le développement.

Ce type d’avenir ne peut être cautionné par la future direction de l’OCDE – sous peine de voir s’effriter la confiance portée à cette organisation, comme cela a été le cas pour l’OMC et les IFI.

Le choix du nouveau Secrétaire général de l’OCDE est d’une importance vitale. Nous appelons les gouvernements à opter pour un(e) candidat(e) qui veillera à ce que les personnes, la planète et la prospérité commune soient au cœur de la politique économique.

 

Stephen Cotton
Président du Conseil des Syndicats mondiaux
Secrétaire général de l’ITF

Sharan Burrow
Secrétaire du Conseil des Syndicats mondiaux
Secrétaire générale de la CSI

Christy Hoffman
Vice-Présidente du Conseil des Syndicats mondiaux
Secrétaire générale d’UNI Global Union

David Edwards
Secrétaire général de l’IE

Valter Sanches
Secrétaire général d’IndustriAll

Ambet Yuson
Secrétaire général de l’IBB

Crédit photo : OCDE