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Journée internationale de lutte contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie : les travailleuses et travailleurs des transports s’unissent contre le sectarisme

23 May 2022

L’ITF est fière de célébrer aujourd’hui la Journée internationale contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie. Nous sommes fiers de nos membres LGBTQI et de l’action menée au quotidien par l’ITF et ses affiliés du monde entier pour lutter contre le sectarisme et les attaques subies par nos membres. Mais cette journée est aussi un rappel brutal des problèmes majeurs auxquels sont confrontés les travailleuses et les travailleurs LGBTQI dans le monde entier, et de l’ampleur de la tâche qu’il nous reste à accomplir.

Aujourd’hui 17 mai, il y a exactement 32 ans, l’OMS retirait – enfin – l’homosexualité de la liste des maladies mentales. L’homosexualité demeure toutefois illégale en de nombreux points du globe, et même dans les pays où elle n’est pas pénalisée, on assiste à de nouvelles tentatives particulièrement brutales de faire reculer les droits des personnes LGBTQI.

En Grande-Bretagne, le gouvernement cède aux opinions transphobes qui s’expriment dans les médias et renonce à ses engagements de protéger la communauté transgenre contre ce qu’il est convenu d’appeler la « thérapie de conversion ». Pour assurer sa réélection, le Premier ministre hongrois a alimenté une vague de haine anti-LGBTQI. Le Président brésilien Bolsonaro s’en est pris aux juges qui luttent contre l’homophobie et profère régulièrement des insultes homophobes. Aux États-Unis, un collectif de parlementaires d’extrême droite lance des attaques sans précédent contre la communauté LGBTQI, notamment en pénalisant les médecins qui soutiennent les enfants trans.

Stephen Cotton, Secrétaire général de l’ITF, a déclaré : « En tant qu’organisations résolument progressistes, nous avons conscience de notre devoir politique et moral de nous montrer solidaires de toutes les communautés et personnes confrontées à l’oppression. Mais nous savons aussi qu’un grand nombre de nos membres et de travailleurs des transports sont les principales victimes de ces attaques. Le secteur des transports l’échelle mondiale comprend des millions de travailleuses et de travailleurs LGBTQI, et les agressions à l’encontre des communautés LGBTQI sont aussi des attaques contre les travailleurs. Notre mouvement ne se taira jamais face à cette situation. »

Mais il ne s’agit pas seulement de célébrer cette journée, puis, d’oublier et de passer à autre chose demain. Nous devons profiter de cette journée pour renouveler notre engagement à combattre au quotidien l’homophobie, la biphobie et la transphobie, et l’intégrer dans l’ensemble de nos activités tout au long de l’année.

Nous souhaitons attirer l’attention sur une lutte en particulier, pour laquelle nos affiliés de Floride, aux États-Unis, se battent bec et ongles.

Une nouvelle législation, baptisée « Don’t Say Gay Bill », interdit aux districts scolaires publics de discuter de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre avec nombre de leurs enfants. Cette loi est présentée sous couvert de la « protection des enfants », mais concrètement c’est le contraire.

Il s’agit d’une tentative brutale de dissimuler complètement aux yeux du public les membres de la communauté LGBTQI ; ses conséquences seront douloureuses pour la sécurité et la santé mentale des travailleuses et des travailleurs des transports qui appartiennent à cette communauté. »

Sara Nelson, présidente de l’Association of Flight Attendants-CWA, qui représente près de 50 000 personnels de cabine dans 18 compagnies aériennes aux États-Unis, a déclaré :

« Depuis le début, notre syndicat s’est battu pour que chacune et chacun trouve sa place et sa dignité au travail et dans notre société, et puisse s’exprimer pleinement et librement. Les lois ‘’Don’t Say Gay’’ sont une insulte à nos valeurs fondamentales en tant que syndicat et en tant que pays. »

Le Capitaine Jim Hill, résident de longue date en Floride, capitaine du M/V Manulani et membre de l’International Organization of Masters, Mates & Pilots (MM&P), a déclaré : « Je pense que des syndicats comme le mien ont raison de penser que nous sommes tous égaux et méritons d’être traités sur un pied d’égalité. Nous ne pratiquons aucune discrimination fondée sur la race, la religion ou l’orientation sexuelle dans notre syndicat, et il devrait en être de même dans notre société.

Les syndicalistes n’ont pas la réputation de se murer dans le silence sur les questions qui comptent. Des questions comme celle-ci sont importantes, et nous ne devons pas et ne resterons pas muets dans la défense de nos collègues de travail contre la discrimination. »

Nick Allen, Directeur du Global Program du SEIU, a ajouté : « Ce projet de loi est une démarche inhumaine visant à promouvoir un projet anti-LGBTQ et qui semble répondre à un problème tout simplement inexistant ».

Comment agir

Voici quelques actions que les fédérations syndicales internationales suggèrent aux travailleuses et aux travailleurs pour commémorer cette journée.

Réseaux sociaux :

  1. Prenez un selfie ou demandez à quelqu’un de prendre une photo ou une courte vidéo de vous tenant l’une de nos pancartes. Demandez à vos collègues de faire de même ou prenez une photo de groupe. Téléchargez les pancartes ou créez vos propres supports.
  2. Publiez sur vos réseaux sociaux personnels et (si possible) syndicaux : Instagram, Twitter, Facebook, TikTok, etc. N’oubliez pas de nous taguer : @lgbtiworkers et utilisez les hashtags ci-dessous. Mentionnez votre syndicat.
  3. Donnez de l’écho au message en « aimant » et en partageant d’autres publications IDAHOBIT en utilisant nos hashtags (ci-dessous).
  4. Envoyez-nous vos photos par courrier électronique en indiquant votre nom, votre lieu de travail et votre syndicat à lgbtiworkers@gmail.com si vous êtes d’accord pour que nous utilisions votre image et votre prénom.

Autres actions :

  1. Si cette démarche ne comporte aucun risque et vous paraît appropriée, discutez avec un/une collègue de la Journée internationale contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie et expliquez pourquoi il est absolument déterminant pour les personnes LGBTI – et pour tous les travailleurs et les travailleuses – de ratifier la convention de l’Organisation internationale du Travail sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail (C190) !
  2. Proposez une motion à votre syndicat en vue d’observer l’IDAHOBIT et demandez à votre gouvernement de ratifier la C190 de l’OIT (s’il ne l’a pas encore fait).
  3. Envoyez un tweet à votre ministre du Travail en vue d’exiger la ratification de la C190 de l’OIT.