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En Asie du Sud-Est, les personnels de l’aviation se battent pour l’emploi

21 Jul 2020
En plein Covid-19, les personnels de l’aviation d’Indonésie, de Malaisie et de Thaïlande se battent pour protéger leurs acquis sociaux gagnés de dure lutte.

Le 13 juillet, en Indonésie, les personnels de Lion Air ont manifesté devant le siège de cette compagnie aérienne à bas prix pour protester contre la suppression de 2 600 emplois au sol. Ces personnels n’avaient pas perçu de prestations de sécurité sociale depuis trois mois, et auraient également dû toucher des primes pour les fêtes musulmanes et des indemnités de licenciement.

Angga Saputra, de la Airports Workers Federation in Indonesia (FSPBI), a déclaré : « La décision unilatérale de Lion Air de procéder à des licenciements est inacceptable pour son personnel. Cette manifestation prouve la force collective de ces travailleurs face à une décision de l’employeur contraire au droit indonésien. Elle rappelle aussi que l’union est la principale force des travailleuses et travailleurs. »

La direction de Lion Air s’est engagée à répondre aux revendications de son personnel pour le 20 juillet, et l’ITF aidera les syndicats locaux à faire valoir les droits des personnels au sol. Ayant par le passé réussi à briser les tentatives d’organisation syndicale en son sein, c’est la première fois que Lion Air se voit obligée de négocier constructivement avec les syndicats.

En Malaisie, plus de 50 personnels navigants commerciaux de Malindo Air ont pu reprendre le travail grâce à l’action menée par le National Union of Flight Attendants (NUFAM). Malindo avait procédé à une vague de licenciements début avril, mais la ténacité du NUFAM a permis la réintégration de ces personnels.

En Thaïlande, les initiatives d’organisation se poursuivent pour parvenir à une syndicalisation générale des différentes professions aéroportuaires. La société AOT (Airports of Thailand) gère de nombreuses opérations dans tout le pays, mais fait appel à un sous-traitant pour ses agents de sécurité. Celui-ci a obligé les agents à signer des lettres de démission pour se soustraire à la prime qu’il serait tenu de payer en cas de procédure officielle de licenciement.

En réaction, ces travailleurs se sont affiliés au syndicat Wingspan Workers Union and Airport Workers Union of Thailand (WWU-AWUT), qui est maintenant prêt à créer une nouvelle branche pour les agents de sécurité. Alors que plus de 1 000 nouveaux membres s’apprêtent à rejoindre le syndicat, WWU-AWUT sera bientôt en mesure de déclencher une négociation collective obligatoire avec le sous-traitant.

Napat Jitjaignam, agent de sécurité et nouveau membre du WWU-AWUT, a déclaré : « Je savais que je n’aurais pas dû signer cette lettre de démission mais on ne m’a pas laissé le choix, alors que je travaillais pourtant pour cette société depuis plus de 13 ans. Mes 1 200 collègues et moi-même avons été obligés par l’employeur à signer une lettre de démission pour qu’il n’ait pas à nous verser de prime de licenciement, sinon nous perdions tous notre emploi. Nous ne savions pas comment nous y opposer. Mais au moins maintenant, nous connaissons nos droits syndicaux fondamentaux parce que nous sommes membres du WWU-AWUT. »

Erin van der Maas, Coordinateur du Projet d’organisation syndicale dans les aéroports, a déclaré : « Accroître les effectifs et les branches syndicales en cette période est une excellente nouvelle, et la preuve du travail remarquable qu’effectuent les organisateurs et les syndicats en Indonésie, en Malaisie et en Thaïlande. Alors que les travailleuses et travailleurs de l’aviation du monde entier font face à des difficultés en cette période de Covid-19, ceux d’Asie du Sud-Est organisent leur riposte. »

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