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Nouvel outil facilitant les relèves d’équipages : les grandes marques n’ont plus d’excuses !

10 May 2021
Communiqué de presse

Les syndicats de gens de mer du monde entier déclarent que les grandes marques internationales n’ont plus aucune excuse pour ne pas contrôler leurs chaînes d’approvisionnement et imposer des obligations à leurs fournisseurs concernant les relèves d’équipages, après la présentation aujourd’hui d’une nouvelle boîte à outils sur le devoir de diligence en matière de droits de l’homme.

Cette boîte à outils aide les propriétaires de cargaisons et les affréteurs à poser les bonnes questions aux fournisseurs et aux partenaires commerciaux de leurs chaînes d’approvisionnement pour veiller au bon respect des droits de l’homme et du travail des gens de mer, notamment en matière de relève des équipages, de liberté de circulation et de protection contre le travail non forcé.

Cette boîte à outils a été élaborée par des agences des Nations Unies sous l’égide du Pacte mondial, par certaines des plus grandes marques internationales et par les partenaires sociaux du secteur maritime – dont la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF).

« Pendant bien trop longtemps, le transport maritime a été une zone de non-droit dont profitaient les grandes enseignes internationales. Aujourd’hui, les marques responsables veulent comprendre de quelle façon elles-mêmes ou leurs partenaires de la chaîne d’approvisionnement portent atteinte aux droits de l’homme. La présentation de cet outil, en pleine crise de la relève des équipages, tombe à point nommé », a déclaré le Secrétaire général de l’ITF, Stephen Cotton.

Cotton a indiqué que le respect des droits de l’homme dans les chaînes d’approvisionnement constitue une responsabilité sociale des entreprises, et de plus en plus une obligation légale.

« Tout au long de la pandémie, les gens de mer du monde entier ont été laissés pour compte, abandonnés à leur triste sort à cause des restrictions Covid-19, des centaines de milliers d’entre eux se voyant contraints de continuer à travailler contre leur volonté. Certains acteurs responsables ont pris des mesures, mais de nombreuses entreprises, dont les marchandises ont continué d’être transportées, ne s’en sont guère soucié ou ont choisi de fermer les yeux. »

Les agences des Nations Unies encouragent les entreprises, également appelées « propriétaires de cargaisons », à collaborer avec les experts maritimes de l’ITF ou de la Chambre internationale de la marine marchande (ICS) pour procéder à des « bilans de santé de leurs chaînes d’approvisionnement ». Ces bilans de santé aideront les entreprises à comprendre leurs obligations en matière de devoir de diligence relative aux droits de l’homme et à remédier aux infractions au sein de leurs chaînes d’approvisionnement.

Les marques peuvent exclure les « clauses interdisant la relève des équipages » dans leurs chaînes d’approvisionnement

L’ITF est régulièrement informée que des affréteurs et sous-affréteurs utilisent des clauses interdisant la relève des équipages ainsi que d’autres moyens plus complexes pour éviter de devoir s’y conformer, déplore David Heindel, Président de la Section des gens de mer de l’ITF. Les propriétaires de cargaisons doivent définir leurs attentes auprès de leurs fournisseurs de services de transport maritime, indique-t-il.

« Hélas, l’argent passe toujours avant l’humain dans le transport maritime. Beaucoup d’armateurs voient leurs recettes atteindre des sommets, et les affaires ont continué presque comme si de rien n’était pour les propriétaires de cargaisons, alors que 200 000 marins sont toujours piégés à bord de prisons flottantes, dans l’impossibilité de rentrer chez eux. »

« Nous voulons qu’un maximum d’entreprises prennent des mesures concrètes, s’engageant à utiliser la boîte à outils, et contribuant ainsi à éradiquer les atteintes aux droits humains dans leurs chaînes d’approvisionnement et dans le transport maritime en général. Nous sommes là pour les y aider », a indiqué Heindel.

David Heindel, Président de la Section des gens de mer de l’ITF | (Crédit: ITF)
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Heindel estime que les grandes marques ont le pouvoir d’exclure les « clauses interdisant la relève des équipages » au sein de leurs chaînes d’approvisionnement. Il les encourage à écrire à seafarershrdd@itf.org.uk pour commencer leur processus de devoir de diligence en matière de droits de l’homme.

« Avec le lancement de cet outil, les sociétés n’ont plus aucune excuse. Il contient les questions qu’elles doivent poser à ceux qui transportent leurs marchandises. Il précise clairement les directives qu’elles doivent donner à leurs fournisseurs pour permettre les déviations, et pour que les clauses interdisant la relève des équipages soient éradiquées de leurs chaînes d’approvisionnement », explique Heindel.

FIN

Notes aux entreprises :

  • Pour en savoir plus sur les bilans de santé des chaînes d’approvisionnement de l’ITF concernant les droits humains des gens de mer et les relèves d’équipages, cliquez ici
  • Les sociétés ne doivent pas hésiter à écrire à seafarershrdd@itf.org.uk pour que l’ITF puisse les aider à mieux comprendre leur exposition en matière de devoir de diligence et de relève des équipages, et à commencer leurs processus de devoir de diligence.
  • La boîte à outils est disponible ici

Notes aux rédacteurs :


À propos de l’ITF : La Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) est une fédération syndicale démocratique dirigée par ses affiliés, reconnue comme l’autorité mondiale en matière de transports. Nous nous battons passionnément pour améliorer le quotidien des travailleuses et travailleurs, unissant les syndicats de 147 pays pour obtenir des droits, l’égalité et la justice pour leurs membres. Nous sommes la voix de près de 20 millions de travailleuses et travailleurs des transports du monde entier, dont plus d’un million de gens de mer.

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