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Les patrons du transport mondial appellent les Nations Unies à mettre fin à la crise humanitaire qui touche les travailleurs des chaînes d’approvisionnement

04 Oct 2021
Communiqué de presse
Credit: Capt. Angelo U Panganiban
L’IATA, l’ICS, l’IRU et l’ITF publient une lettre mettant en garde contre un « effondrement » du système de transport mondial.

Les organisations et syndicats mondiaux des transports routiers, aériens et maritimes ont appelé aujourd’hui les chefs de gouvernement du monde entier, réunis à l’Assemblée générale des Nations Unies cette semaine, à mettre fin à « une crise humanitaire mondiale et à une crise des chaînes d’approvisionnement ».

Dans une lettre ouverte publiée le jour même du débat général de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, l’IRU, l’Union internationale des transports routiers, l’IATA, l’Association du transport aérien international, l’ICS, la Chambre internationale de la marine marchande, et l’ITF, la Fédération internationale des ouvriers du transport, ont lancé un appel urgent aux chefs de gouvernement du monde entier à rétablir la liberté de mouvement des travailleurs du transport.

Les travailleurs du secteur des transports ont tous contribué à assurer la continuité des échanges commerciaux internationaux tout au long de la pandémie, mais le bilan humain est lourd. Au plus fort de la crise de la relève des équipages, 400 000 gens de mer étaient dans l’impossibilité de quitter leur navire, certains travaillant jusqu’à 18 mois au-delà de leur contrat initial. Les vols ont fait l’objet de limitations et les travailleurs du secteur de l’aviation ont dû faire face à l’incohérence des restrictions aux frontières et aux voyages, ainsi qu’aux exigences en matière de vaccination. Des contrôles supplémentaires, systémiques et imprévisibles aux frontières routières ont contraint les chauffeurs routiers à patienter, parfois par milliers et pendant des semaines, dans des conditions insalubres et sans installations appropriées, avant de pouvoir terminer leur trajet et de rentrer chez eux.

Les chaînes d’approvisionnement mondiales commencent à se dérégler alors que les travailleurs du secteur des transports ont été mis à rude épreuve au cours de ces deux années perturbées. Les dirigeants des transports ont fait observer que les États n’en avaient pas tenu compte et n’avaient pas pris les mesures décisives et coordonnées nécessaires. Ils ont appelé les chefs de gouvernement à cesser de se rejeter la faute au sein des gouvernements comme entre eux et à résoudre cette crise avant que la période des fêtes de fin d’année ne suscite une nouvelle hausse de la demande de transport de marchandises et ne mette davantage sous pression les chaînes d’approvisionnement.

Ces organismes représentent plus de 20 000 milliards de dollars de transactions commerciales dans le monde chaque année, 65 millions de travailleurs dans le secteur du transport mondial, plus de 3,5 millions de sociétés de transport routier et de compagnies aériennes, et plus de 80 % de la flotte mondiale de navires marchands.

La lettre appelle :

  • À la vaccination prioritaire des travailleurs des transports avec les vaccins homologués par l’OMS.
  • À la création d’une procédure normalisée pour la présentation des autorisations sanitaires.
  • L’OMS et l’OIT à soulever ces questions à l’Assemblée générale des Nations Unies et avec les gouvernements nationaux.

Tous les secteurs du transport connaissent également une pénurie de travailleurs et l’on s’attend à ce que d’autres quittent le métier en raison du mauvais traitement subi par des millions de personnes pendant la pandémie, renforçant encore la menace qui pèse sur les chaînes d’approvisionnement.

Tout au long de la pandémie, les ministères des Transports n’ont pas su collaborer avec les ministères de la Santé et trouver les solutions permettant d’atténuer les restrictions de déplacement imposées aux travailleurs des transports. Sauf décision des chefs de gouvernement d’initier un changement, la crise humanitaire et la crise de la chaîne d’approvisionnement sont appelées à durer indéfiniment, accentuant encore les difficultés.

Guy Ryder, Directeur général de l’Organisation internationale du Travail, a déclaré : « Cette question a été soulevée l’année dernière à l’Assemblée générale des Nations Unies par le Secrétaire général Antonio Guterres, et il sera essentiel que les délégués présents à la réunion cette année à New York soient conscients de leurs responsabilités. Il est particulièrement important que les dirigeants des organisations représentant des millions de travailleurs du transport dans le monde aient appelé les gouvernements à prendre des mesures urgentes et à mettre fin aux insupportables restrictions imposées aux travailleurs, à leurs familles et à la chaîne d’approvisionnement mondiale. Cet appel ne peut plus être ignoré. »

Guy Platten, Secrétaire général de l’ICS, a déclaré :
« Deux des thèmes qui seront abordés par l’Assemblée générale cette année concernent les droits de l’homme et la résilience. Eu égard à l’incroyable résilience dont ont fait preuve les travailleurs des transports confrontés à d’immenses difficultés, nous appelons l’ONU et les chefs d’État à prendre enfin les mesures déterminantes et coordonnées qui s’imposent pour résoudre cette crise.

Willie Walsh, Directeur général de l’IATA, a déclaré : « Au cours des 18 derniers mois, les travailleurs du secteur de l’aviation ont affiché une étonnante résilience pour maintenir les activités sur les voies commerciales internationales. Cette tâche a été rendue inutilement difficile par les mesures COVID-19, imposées sans coordination ni harmonisation, et parfois contradictoires, mises en œuvre par les gouvernements. Cette situation n’est pas viable, d’autant plus que la demande repart à la hausse dans le sillage de la reprise. Il est temps que l’OMS et l’OIT réunissent les États et conviennent d’un ensemble de mesures harmonisées à l’échelle mondiale au profit des équipages, qui favoriseront une connectivité planétaire efficace. »

Stephen Cotton, Secrétaire général de l’ITF, a déclaré :
« Les travailleurs des transports ont continué d’assurer le fonctionnement des chaînes d’approvisionnement et le transport des personnes dans le monde entier, malgré l’incurie des dirigeants mondiaux. Ils ont travaillé malgré la fermeture des frontières, l’impossibilité de rentrer chez eux, le manque d’accès aux soins de santé, les exigences très strictes en matière de quarantaine et l’incertitude totale engendrée par l’incompétence des gouvernements. Franchement, ils en ont assez. L’heure est venue pour les chefs de gouvernement de répondre aux besoins de ces travailleurs, faute de quoi ils porteront la responsabilité de l’effondrement des chaînes d’approvisionnement, des morts et des souffrances inutiles des travailleurs et des citoyens en proie à la crise. Ils auront ce sang sur les mains et ce chaos sur la conscience. »

Umberto de Pretto, Secrétaire général de l’IRU, a déclaré :
« Les chauffeurs de camions ont travaillé sans relâche tout au long de la pandémie pour assurer la circulation des marchandises, malgré des restrictions aux frontières souvent inutiles, non coordonnées et même dangereuses pour leur santé. Ces restrictions ont aggravé la pénurie chronique de chauffeurs. Les chauffeurs sont des travailleurs essentiels : les gouvernements doivent agir et leur permettre de s’acquitter de leur mission cruciale. »