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Fédération internationale des ouvriers du transport
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Bulletin de l'ITF - numéro 1 (2009)

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Le gouvernement indien améliore les conditions de travail des cheminotes

Les chemins de fer indiens emploient environ 100.000 femmes. Elles sont présentes dans tous les corps de métier, y compris aux postes d'adjointe au chef de gare et d'adjointe au conducteur de train, dans les secteurs de la signalisation et des télécommunications ainsi que dans les services commerciaux, électriques et mécaniques. Les cheminotes sont organisées par la All India Railwaymen’s Federation (AIRF) et la National Federation of Indian Railwaymen (NFIR). L’AIRF a constitué un Comité panindien des cheminotes, avec des branches nationales, régionales et locales. Des réunions nationales ont lieu au moins une fois par an, le soutien logistique étant offert par le ministère des chemins de fer.

Lorsque la 6ème Commission salariale centrale a été nommée par le gouvernement en 2006 pour examiner la structure salariale et les conditions de travail des fonctionnaires, les cheminotes ont été invitées pour la première fois à indiquer les difficultés qu'elles rencontraient. Leurs revendications ont porté sur divers aspects : assouplissement des horaires de travail ; meilleures installations sanitaires ; augmentation des congés et création d’une « banque de congés » lorsque mari et femme travaillent pour le même employeur ; services de transport spéciaux, surtout dans les grandes villes ; services de garderie et crèches ; établissement de foyers réservés à l’hébergement des femmes. L’AIRF et la NFIR ont soutenu les revendications des femmes devant le ministre des chemins de fer et les membres de la Commission.

En 2008, le rapport de la commission a été approuvé. En conséquence, les personnels du gouvernement central ont bénéficié d’une majoration salariale moyenne de 21 à 25 pour cent, avec effet rétroactif au 1er janvier 2006. Cela marquait l’aboutissement de près de 10 années de travail. Pour encourager l'emploi des femmes dans le secteur public, et pour tenir compte des prestations dont bénéficient les travailleuses dans les autres pays, la 6ème Commission salariale centrale a fait les recommandations suivantes. La plupart ont reçu l’aval du gouvernement :

  • Congé de maternité : passe de 135 à 180 jours.
  • Congé parental : toute salariée ayant des enfants de moins de 18 ans peut prendre un congé parental totalisant au maximum deux ans couvrant au maximum deux enfants.
  • Garderies/crèches :obligatoires dans les bureaux où les salariés (hommes et femmes) ont des enfants préscolaires ou scolarisés à l’école primaire. Les salariés pourraient être appelés à contribuer au financement pour garantir des normes appropriées.
  • Hébergement : le gouvernement devrait résoudre le problème de l'hébergement soit en construisant soit en louant des locaux pour des foyers pour femmes.
  • Protection des femmes contre les violences domestiques : les clauses du Décret sur les violences domestiques seront incorporées dans les règles de conduite (CCS). Toute infraction à ces règles sera passible de mesures disciplinaires.
  • Prime de déplacement en cas de transfert : Lorsque les transferts de conjoints interviennent sur une période de six mois, le conjoint transféré le plus tard bénéficiera d’une prime de déplacement. Cette prime ne sera pas versée si le transfert intervient dans les 60 jours.

Extrait du rapport de Nishi Kapahi – Coordinatrice des femmes de l’ITF pour l’Asie/Pacifique


Interview de Jane Barrett, représentante des femmes dans la Section des cheminots de l’ITF

Quels problèmes d’ordre « professionnel » rencontrent les cheminotes?
Il est indispensable de remettre en cause la division plutôt rigide qui existe entre les tâches dites masculines ou féminines pour permettre à davantage de femmes d’avoir accès à des postes techniques et d’exploitation. Lorsque des femmes accèdent à ces fonctions, elles rencontrent des difficultés d’ordre ergonomique concernant la conception de l’équipement, et plus particulièrement du poste de conduite. Il faut également citer les installations sanitaires, les horaires de travail, les roulements et les droits parentaux.

Cette industrie est en pleine évolution. Comment ces changements affectent-ils les femmes ?
On constate que de nombreux pays ont opté pour l'externalisation des fonctions dites « périphériques » en particulier les services de santé et de nettoyage, où les femmes ont été particulièrement touchées. Il s’agit avant tout de veiller à ce que ces femmes continuent à être syndiquées et protégées par un syndicat, même si ce n’est pas un syndicat ferroviaire. Le recours aux technologies nouvelles permet désormais aux femmes d'occuper des postes "purement" ferroviaires, mais le double effet de la privatisation et des nouvelles technologies a pesé très lourd sur la main d’œuvre qui a été considérablement réduite. Les possibilités d'emploi en général, mais plus particulièrement pour les femmes, sont donc très limitées.

Pourquoi les syndicats devraient-ils encourager les femmes à s'impliquer dans le travail syndical ?
Les syndicats devraient encourager l'ensemble des travailleurs mais souvent les femmes ont besoin d'un soutien supplémentaire car cela vient s'ajouter à leurs autres responsabilités familiales. Si les femmes ne sont pas syndiquées, c’est un maillon manquant dans la chaîne. Les femmes ont aussi des besoins spécifiques qui nécessitent une représentation féminine.

Comment peut-on promouvoir la syndicalisation et la participation active des femmes aux activités syndicales ?
Comment peut-on promouvoir la syndicalisation et la participation active des femmes aux activités syndicales ?

Comment les cheminotes peuvent-elles participer aux activités de l’ITF et de ses sections ?
Nous devons demander aux affiliés de fournir régulièrement des données sur leurs adhérentes. Nous devons leur rappeler les orientations politiques adoptées par l'ITF pour encourager la nomination de femmes dans les structures de l'ITF, en utilisant des quotas le cas échéant. Nous devons aussi convaincre les affiliés d’encourager leurs adhérentes à participer aux journées d’action et de veiller à ce qu'elles aient accès aux informations et publications de l'ITF au même titre que tous les autres adhérents.


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