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Magasine Agenda > En bonne compagnie ?

En bonne compagnie ?

Toutes les compagnies aériennes ne réagissent pas de la même manière à la pandémie de VIH/SIDA : Certaines s'engouffrent dans les failles juridiques, tandis que d'autres prennent les choses en main

Dans beaucoup de pays, dont les États-Unis, le Canada, l'Australie et l'Afrique du Sud, les lois sur l'incapacité de travail interdisent la discrimination fondée sur la séropositivité ainsi que le dépistage avant embauche, sauf cas exceptionnels. Alors que certaines compagnies aériennes vont plus loin et proposent un soutien complet à leurs salariés séropositifs, d'autres trouvent des stratagèmes pour les exclure.


LA FAILLITE SONNE LE GLAS DE PROGRAMMES VISIONNAIRES

Deux compagnies aériennes brésiliennes qui avaient instauré des programmes de soins et de soutien novateurs n’ont pas survécu aux pressions du marché. La compagnie nationale brésilienne Varig a mis en oeuvre pendant près de 20 ans un programme de traitement et de prévention très apprécié, soutenu par le Sindicato Nacional dos Aeronautas (SNA), jusqu'à ce que les déboires financiers se soldent par une faillite en 2003.

Dans ce système, les salariés et leur famille avaient accès gratuitement à des services de conseil et de dépistage volontaire ainsi qu’à un traitement complet, dont la thérapie antirétrovirale.

Rosangela Domeico, assistante sociale au SNA, s'en souvient :

« Le programme de Varig distribuait des médicaments importés très coûteux aux salariés séropositifs, ainsi qu'aux membres de la communauté qui ne pouvaient se les permettre. Les salariés bénéficiaient de réductions allant jusqu'à 100%, selon leurs moyens. Un membre de Santos s’est rendu au siège de Varig à Sao Paulo pour se procurer des médicaments qui n'étaient pas disponibles dans le système de santé public. Pour les autres malades, Varig ne facturait pas les frais de transport des médicaments provenant de l'étranger. »

À nouveau rachetée, la « nouvelle compagnie Varig » vient de recevoir son certificat de transporteur aérien, et l'on attend toujours sa politique du personnel. Jusqu’à présent, sa politique VIH/SIDA stipulait que les salariés ne devaient pas se soumettre à un test de dépistage avant embauche, n’étaient pas tenus de révéler leur séropositivité et ne pouvaient être licenciés ou subir des discriminations du fait de celle-ci.

Auparavant, Rosangela Domeico avait participé à un autre système révolutionnaire (mis en oeuvre par Gaziella Baggio, aujourd'hui Présidente du SNA) à l’époque où elle travaillait pour l'association des membres d'équipage de la défunte Vasp, compagnie aérienne brésilienne de taille plus modeste. Rosangela gérait alors un fonds alimenté par les cotisations mensuelles versées par les membres de l'association, qui proposait des médicaments non disponibles dans le système public et même des traitements spécifiques pour les complications induites par le VIH/SIDA. Un ancien membre d'équipage de Sao Paulo n'a par exemple rien dû débourser pour ses prothèses dentaire et oculaire, qui ont été payées par le programme. Ce fonds venait en aide à environ cinq personnes séropositives par mois.


En Afrique du Sud, un procès bien connu est celui qui a opposé M. Hoffman à son employeur, la compagnie South African Airways, en l’an 2000. La justice a d’abord donné raison à la compagnie aérienne, qui affirmait que ses intérêts commerciaux étaient menacés si elle employait des membres d’équipage séropositifs, mais ce jugement a été infirmé par la Cour constitutionnelle, qui a défendu les droits des nombreux séropositifs sud africains en déclarant :

 « Nous devons veiller à ce que les stéréotypes et préjugés ne se réfugient pas derrière la raison commerciale. (…)

 « Il  est dans l'intérêt de la société tout entière de respecter la dignité intrinsèque de chaque être humain et de combattre toute forme de discrimination.»

Plus récemment, en 2005, un tribunal américain a jugé que la compagnie American Airlines avait enfreint la loi sur les droits des personnes handicapées en refusant finalement d’engager trois hommes qui avaient menti à propos de leur séropositivité sur le formulaire de candidature.

La compagnie a affirmé que ce refus était motivé par ce mensonge, et non par leur séropositivité, et que la politique d’American Airlines en matière de VIH/SIDA semblait plutôt appréciée du personnel. Cependant, ces hommes ont fait valoir qu’en plus d’être indiscrète, la question du formulaire était aussi contraire à la loi ci-dessus. Ils ont par ailleurs indiqué avoir subi un test de dépistage à leur insu, lors de la visite médicale, ce qui est illégal. Après un premier jugement en faveur de la compagnie, l'affaire a été portée en appel et la justice a donné gain de cause aux plaignants.

 












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