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Contenu de la page: Accueil > Magazine Transport international > Numéro 25 / octobre 2006 > Vie active
Rob Koster est chef de cabine principal chez KLM et membre actif de VNC, le syndicat néerlandais des équipages de cabine
Vos journées de travail se ressemblent-elles ?
En fait, non. Soit je suis en vol, soit je ne le suis pas. Mes journées se passent à bord d’un appareil, à la maison ou en escale, dans un hôtel. Quand je vole, je prends toujours ma mission très au sérieux. Cela commence à la maison. Je me renseigne pour connaître le type d’avion sur lequel je vais voler, et je demande des informations sur le trajet et la destination. Et je réfléchis à un point de sécurité en vol que je souhaite aborder avec le reste de mon équipage pendant le briefing d’avant-vol.
Quand j’arrive à l’aéroport de Schiphol à Amsterdam, notre base, le travail lui-même commence : pré-briefing avec mon chef de cabine, et briefing avec les autres membres d’équipage. Ensuite, nous nous préparons pour une longue journée à bord. Nous sommes avant tout des spécialistes de la sécurité, même si bien entendu, le service aux passagers constitue l’essentiel de notre travail. Comme je le dis toujours : le service arrive en première position, mais priorité à la sécurité.
Travaillez-vous selon des plages-horaires définies ?
Non, nous ne travaillons pas par quarts. Le cycle est différent pour chaque vol. Par exemple, trois jours de vol, six jours de repos, ou cinq jours de vol et deux jours de repos. Tout dépend de la durée du vol, du décalage horaire, de l’heure de décollage etc. Ces cycles ont changé au fil des ans. Aujourd’hui, nous avons des périodes de vol plus courtes, 3 ou 4 jours au lieu de 7 ou 12, et plus de jours à la maison.
KLM possède plusieurs types d’appareils et nous sommes formés sur trois d’entre eux. Dans mon cas, il s’agit du Boeing 747, du Boeing 777 et de l’Airbus A330. Ces appareils effectuent essentiellement des vols longs-courriers.
Comment êtes-vous devenu chef de cabine principal ?
Il y a seize ans, j’ai commencé comme steward. Après quelques années, j’ai passé des examens de langue – anglais, français et allemand – ainsi qu’une évaluation pour devenir chef de cabine adjoint. En 1999, je suis devenu chef de cabine sur l’Europe après avoir passé un autre examen de langue, l’espagnol, ainsi qu’un entretien ciblé. Il y a deux ans, j’ai passé un autre entretien ciblé et depuis, je suis chef de cabine principal, ce qui est la fonction la plus élevée pour un membre de l’équipage de cabine.
L’année dernière, le système de promotion a changé. Les fonctions de chef de cabine adjoint et de chef de cabine Europe ne font désormais plus qu’une : la fonction de chef de cabine. Le chef de cabine est le responsable en second à bord d’un gros porteur, et le responsable en chef à bord des plus petits appareils. Certains anciens chefs de cabine Europe considèrent ceci comme une rétrogradation, car les tâches manuelles prennent le pas sur la gestion du personnel.
Votre syndicat a-t-il beaucoup d’influence ?
Il y a quelques années, KLM ne se portait pas bien, et il a donc fallu réduire les coûts. Je fais partie du Conseil des membres, le parlement de notre syndicat. Nous avons parlé de ce problème et avons décidé d’adopter une approche triple : nouveau plan de carrière, départs à la retraite et diminution des coûts. Aucun de nos 8.500 collègues des services en vol n’ont perdu leur emploi.
Mais la satisfaction des salariés est en baisse. L’aviation est l’un des secteurs où il y a le plus de concurrence. Le volume de travail augmente, mais on réduit les coûts. VNC est le seul syndicat des équipages de cabine, mais pour l’instant, le taux de syndicalisation n’est que de 70%, contre 95% il y a quelques années.
Que doit faire VNC pour récupérer ces membres ?
Plus que jamais, nous devons faire preuve de transparence et élaborer une vision claire pour l’avenir. Il est inutile de durcir la position ou de se montrer plus menaçant avec la compagnie. Ce qu’il faut, c’est se montrer plus malin. La guerre des tranchées est finie.
Aimez-vous toujours votre travail ?
C’est un mode de vie, que vous ne pouvez supporter que si vous l’aimez vraiment. Beaucoup de choses ont changé. Les voyages en avion se sont démocratisés et les passagers sont plus exigeants. C’est l’ensemble du secteur de l’aviation qui a changé. Mais je pense que j’y resterai jusqu’à l’âge de la retraite.
Comment voyez-vous l’avenir ?
J’espère que nous continuerons à proposer des emplois intéressants, que les salariés pourront occuper jusqu’à leur retraite. Quand les compagnies parlent de capitaux, elles pensent toujours à l’aspect matériel. Mais leur véritable richesse, c’est leur personnel. C’est dans leur personnel qu’elles devraient investir au lieu de réduire les coûts.
Entretien accordé à Diederik Swart.
Partie Accueil:
Numéro 25 / octobre 2006
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