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Randall Howard : son point de vue sur la mondialisation

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Contenu de la page: Accueil > Magazine Transport international > Numéro 24 / juillet-septembre 2006L'espiègle révolutionnaire > Randall Howard : son point de vue sur la mondialis


La dimension mondiale a toujours été présente, et a atteint son apogée par le colonialisme, l'impérialisme et le capitalisme.

Nous ne pouvons donc pas nous opposer aux relations politiques, économiques et sociales entre les pays ou blocs de pays dans un contexte mondial. Le grand problème que pose la mondialisation actuelle, c'est que les règles du commerce et de l'investissement sont faites pour les pays développés et industrialisés.

À l'Organisation mondiale du commerce (OMC), deux cycles de négociation n'ont pas suffi à concrétiser un accord sur l'agriculture, à cause des demandes injustes faites aux pays en développement pour qu'ils libéralisent leurs marchés tandis que les pays européens continuent à se protéger en subventionnant leurs agriculteurs.

À mes yeux, les marchés agricoles africains ne devraient pas être libéralisés dans ce contexte de pauvreté croissante, de dénutrition et d'insécurité alimentaire. Je désapprouve donc totalement l'attitude de mon propre gouvernement et celle du monde en développement en général. Comment peuvent-ils envisager de libéraliser l'agriculture alors qu'elle est si critique pour la survie des Africains, dont le lot quotidien de beaucoup n'est que pauvreté, chômage et même famine ?

Je suis conscient que des compromis sont nécessaires, mais pas aux dépens d'un besoin aussi fondamental que l'alimentation, pas pour les beaux yeux de ceux qui ne manquent déjà de rien. La transformation de l'OMC, de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international doit devenir une priorité internationale pour amorcer une révolution conceptuelle en faveur des pauvres de ce monde, et pour appuyer le commerce mondial sur la solidarité.

Si ces institutions se montraient peu désireuses d'évoluer, il faudrait destituer leurs dirigeants et les remplacer par des responsables progressistes et représentatifs, qui croient aux valeurs d'égalité, de solidarité et de justice sociale pour endiguer la pauvreté, la maladie, le sous-développement et le chômage.

Ce sont essentiellement les institutions de Bretton Woods qu'il faut blâmer pour avoir plongé, dans le passé et encore aujourd'hui, les gouvernements des pays en développement dans le piège de l'endettement continu et, en quelque sorte, dans le gouffre sans fin de la pauvreté. Mais les gouvernements africains eux-mêmes doivent assumer la responsabilité de poser des choix politiques qui, dans certains cas, reviennent vraiment à avaler les couleuvres néolibérales de ces institutions, et ne sont pas bénéfiques à la majorité de leur population. Plus dérangeant, certains se remplissent les poches, et celles de leurs comparses, au lieu de répondre aux besoins des citoyens.

Je dois rendre justice aux évolutions positives qui se produisent sur mon propre continent en ce qui concerne l'établissement de l'Union africaine (UA) et le rôle que joue le gouvernement de mon pays pour instaurer la paix et la démocratie en Afrique. Car sans stabilité politique, le développement économique ne sera toujours qu'un mirage et la pauvreté et la maladie perdureront.

Les alliances stratégiques de pays en développement seront essentielles à la révolution conceptuelle évoquée précédemment. Les relations bilatérales de l'Afrique du Sud avec le Brésil, l'Inde et le Venezuela jouent un rôle stratégique dans la redéfinition des contrepoids politiques à l'Union européenne et aux Amériques. La lutte pour un nouvel ordre économique mondial continue !



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Numéro 24 / juillet-septembre 2006

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