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Contenu de la page: Accueil > Magazine Transport international > Numéro 20 juillet 2005 > Voilà pourquoi nous nous sommes syndiqués
Nous avons rencontré un groupe de marins et leur avons posé la question suivante : «Pourquoi selon vous est-il si important d'être syndiqué ?». Voici leurs réponses.
Evgeniy Hizhyak, inspecteur en chef du personnel technique, Syndicat russe des gens de mer :
«J'ai participé à la création du Syndicat russe des gens de mer, qui aide et soutient les marins tant en Russie qu'à l'étranger, et j'y suis affilié depuis 1991. Le syndicat aide ses membres à demander un dédommagement après un accident ou un décès, résout les problèmes liés aux arriérés salariaux et se bat pour des salaires décents.
Aujourd'hui, les représentants gouvernementaux disent aux gens de mer, même à ceux de navires battant pavillon russe, de régler les problèmes dans des pays comme le Cambodge ou le Belize, là où leur navire avec affrètement coque nue est immatriculé. Mais seul un syndicat – et l'ITF – peuvent conseiller les gens de mer quant à la position à adopter dans cette situation, qui peut concerner non seulement un armateur, mais aussi une agence de recrutement et un patron peu scrupuleux.
Voilà pourquoi il est si important et nécessaire de s'affilier à un syndicat. Nous ne remporterons cette bataille pour la justice et les droits des gens de mer que si nous sommes unis et syndiqués.»
Tymoteusz Listewnik, membre de la Section maritime nationale de Solidarnosc, Pologne :
«Je me suis affilié à la Section maritime nationale il y a à peine trois ans. C'était ma première prise de contact avec le syndicalisme, grâce à un militant rencontré dans une agence de recrutement. Auparavant, je n'avais guère entendu parler de syndicats des gens de mer. Avant, quand je naviguais sur des navires battant pavillon de complaisance et que j'avais des problèmes ou questions, personne n'était en mesure de m'éclairer sur mes conditions de travail.
J'avais des questions à propos de la fin des contrats, des heures supplémentaires non rémunérées et de l'absence de contrat de travail. Au départ, j'acceptais cette situation, comme tout le monde à bord. Par la suite, d'autres marins m'ont parlé de l'ITF et des syndicats, mais pendant de longs mois, ces organisations m'ont semblé bien lointaines. Quelle erreur de ma part !
Maintenant, après quelques visites et discussions avec mon syndicat, je comprends parfaitement toutes les conditions d'un contrat d'engagement. Je sais ce que je suis en droit de demander à une agence de recrutement et comment préparer la mission suivante.
J'encourage tous les jeunes marins à adhérer à un syndicat affilié à l'ITF de leur propre pays. Quand on débute dans le métier, on ferme souvent les yeux sur ce qui, avec le temps, s'avère primordial. Les apparences sont très souvent trompeuses : un navire en apparence bien entretenu, avec des conditions de travail satisfaisantes, peut cacher une tout autre réalité.
Je considère l'affiliation syndicale comme une sorte d'assurance, qui vous ouvre à des informations et à une organisation qui défend vos droits. Dans la vie, il est bon de savoir qu'à tout moment, on peut compter sur quelqu'un. Ici, c'est mon syndicat.»
Des marins du Syndicat lituanien des gens de mer ont expliqué à l'inspecteur de l'ITF Andrey Chernov les raisons pour lesquelles ils s'étaient syndiqués :
«La première raison évoquée par ces marins était le souhait d'être organisés : des travailleurs organisés peuvent élire les représentants qui défendront au mieux leurs intérêts et négocieront de meilleures conditions de travail et de rémunération.
La seconde raison relève de la volonté de se protéger contre les mesures illégales des employeurs. Des représentants syndicaux peuvent fournir une protection, une assistance et des conseils en matière juridique, soit eux-mêmes, soit avec le concours d'un avocat.
La troisième raison : être informés, parce que le syndicat participe régulièrement à des séminaires et réunions et recueille des informations sur les pratiques des employeurs.»
Lucien H Razafindraibe, Secrétaire général du Syndicat général maritime de Madagascar (Sygmma) :
«Les travailleurs ont intérêt à s'affilier à un syndicat pour comprendre, promouvoir et protéger leurs droits. Les syndicats peuvent également s'avérer très utiles pour élaborer des conventions collectives. La force d'un syndicat réside essentiellement dans sa capacité à mobiliser ses membres en période de protestation.»
En Inde, Subhash Dey, assistant mécanicien, vient de récupérer des arriérés salariaux grâce à l'ITF :
«Je dois vous avouer que je ne suis pas syndiqué. Mais je viens de récupérer 4.562 USD, soit l'équivalent de quatre mois d'arriérés salariaux, pour le travail effectué à bord du Vispataurini, immatriculé en Inde. Ceci n'aurait pas été possible sans l'intervention de l'ITF. Je suis désormais fermement décidé à m'affilier à un syndicat.»
Partie Accueil:
Numéro 20 juillet 2005
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