In Memory: Stefan Nedzynski
Stefan Nedzynski, ancien Secrétaire général de l’Internationale des Postes, Télégraphes et Téléphones (IPTT), l’une des organisations qui ont fusionné en l’an 2000 pour former l’UNI que nous connaissons aujourd’hui, nous a quittés le 8 janvier 2008 à l’âge de 87 ans.
Stefan était un grand nom du mouvement syndical international.
Né en Pologne en 1919, il fut prisonnier dans un camp de travail russe pendant 18 mois avant de pouvoir enfin rejoindre l’Ouest et intégrer les rangs des forces polonaises libres pour combattre le fascisme. Après la guerre, il a choisi de rester au Royaume-Uni plutôt que de rentrer en Pologne, alors aux mains des communistes. C’est avec un passeport des Nations Unies que, pendant de nombreuses années, il a parcouru le monde entier au nom du mouvement syndical international.
Chercheur pour le syndicat britannique Post Office Engineering Union, il s’est ensuite installé à Bruxelles pour exercer la fonction de Secrétaire général adjoint de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL). En 1965, il est devenu le premier Secrétaire général à temps plein de l’IPTT, qu’il a transformée en une remarquable organisation internationale, et a occupé ce poste pendant 24 ans.
De tous les présidents et coordinateurs des Secrétariats professionnels internationaux (rebaptisés depuis Fédérations syndicales internationales), il aura été celui qui est resté le plus longtemps en fonction, puisqu’il n’a pris sa retraite de l’IPTT qu’en 1989.
Profondément attaché aux principes du syndicalisme démocratique, il s’est battu toute sa vie contre les tentatives tant fascistes que communistes de museler les travailleurs.
Dans sa Pologne natale, il s’est investi dans le développement de Solidarnosc en une force motrice de l’achèvement de la Guerre froide. Il a également participé activement aux campagnes contre la dictature au Chili et l’apartheid en Afrique du Sud. Après l’effondrement du système communiste en Yougoslavie suite au décès de Tito, il a emmené la première mission syndicale internationale dans les États émergents de la région des Balkans, aux côtés de David Cockroft, de l’ITF. « J’ai passé une semaine à voyager en train avec Stefan dans ce qui était alors (et depuis peu) la République yougoslave de Slovénie, la Croatie et la Serbie » explique Cockroft.
« Partout où nous allions, il avait des tonnes d’anecdotes à raconter sur le rôle crucial que jouent des syndicats indépendants et forts dans la construction d’une société démocratique. Nous avons rencontré beaucoup de syndicalistes qui sont aujourd’hui des personnalités importantes du mouvement syndical dans les anciennes républiques yougoslaves, dont l’une (la Slovénie) est maintenant membre de l’Union européenne, ce qui à l’époque était à peine concevable. Stefan était un syndicaliste remarquable et un ami formidable, à qui ce que nous appelons aujourd’hui les Syndicats mondiaux doivent beaucoup. Il nous manquera terriblement. »